lundi 8 septembre 2008
Jacques Chirac, ceci n'est pas un baril de pétrole, c'est Toumaï!
Appel
aux contributions tchadiennes pour la recherche du crâne de Toumaï
Il y a de cela quelques mois, une jeune tchadienne,
Haoua Maloum, militante de la Convention citoyenne pour le Tchad (CCT), attirait
l’attention des tchadiens sur la présence du crane de Toumaï dans le bureau de
l’ancien président français devenu membre du Conseil constitutionnel. Son
alerte s’était basée, en effet, sur un reportage d’une télévision française
(France2, JTV du 13-11-2007) où Monsieur Chirac, désormais aristocrate de
l’Etat français, présentait fièrement le crâne installé sur son bureau sans justifier
la manière d’acquisition de ce patrimoine national tchadien.
L’appel de Haoua Maloum n’a pas suscité beaucoup de réactions de la part des citoyens tchadiens et ni même de la part des autorités en charge des questions de patrimoines dans notre pays. Si faudra déplorer le manque de réaction des citoyens tchadiens, cela n’est toutefois pas une surprise pour l’irresponsabilité des dirigeants actuels qui sont peu regardant sur des questions d’enjeux aussi importants. Nous avons la fraîche mémoire de l’opération de l’Arches de Zoé qui a montré que le régime de Deby réduit de plus en plus le Tchad à un paradis de prospérité à toute entreprise macabre.
Cependant, les consciences nationales sont imperturbablement éveillées et
actives dans les questions d’intérêt national. On pourrait se réjouir
aujourd’hui, car un groupe de citoyens tchadiens mène depuis un certain moment
un travail dans l’ombre pour retrouver la trace de Toumaï. Son but est de faire
des investigations sur cette question et entamer toutes les démarches
réglementaires pour permettre le rapatriement de ce patrimoine au cas où le
reste de Toumaï se trouve toujours dans le bureau de l’aristocrate français.
Ce comité s’est formé d’une façon spontanée et est animé par l’unique but
citoyen et patriotique de faire la lumière sur cette question. Jusqu’à là, les
investigations menées au Tchad n’ont pas permis de retrouver la trace du crâne
de Toumai. Et cela ni au Musée national de N’Djamena, ni même au laboratoire du
Centre national d’appui à la recherche scientifique (CNAR). Ou est Toumaï ?
Est-il toujours dans le bureau de Chirac ? Si oui, comment l’a-t-il acquis ? La
question reste entière, et nous nous brulons d’envie de le retrouver le plus
vite possible et cela avec la même élégance patriotique qui nous a permis de
nous faire respecter dans l’histoire.
A cette fin, nous lançons un appel urgent pour une contribution massive des
citoyens tchadiens et notamment celle des intellectuels tchadiens installés en
Europe et aux Etats-Unis. L’enjeu est très crucial, et il n’y a que par nous
mêmes et nos efforts personnels que la lumière sur cette question soit établie.
La place de Toumaï est au Tchad, et jusqu’à ce que nous y arriverons, de grâce,
ya djama, comme vous l’a fait la citoyenne Laokolé pour l’image du grand
citoyen Ibni Oumar, « taisons ces querelles nauséabondes qui resurgissent
avec violence ces jours ci sur les sites nous plongeant dans les moments les
plus sombres de notre histoire » et rejoignons ce chantier noble de recherche
de la trace de Toumaï.
Merci ya djama.
Pour tout contact :conscience.yadjama@yahoo.fr
Voleurs gaulois, rendez-nous notre âme, notre esprit!
Appel
aux contributions tchadiennes pour la recherche du crâne de Toumaï
Il y a de cela quelques mois, une jeune tchadienne,
Haoua Maloum, militante de la Convention
L’appel de Haoua Maloum n’a pas suscité beaucoup de réactions de la part des
citoyens tchadiens et ni même de la part des autorités en charge des questions
de patrimoines dans notre pays. Si faudra déplorer le manque de réaction des
citoyens tchadiens, cela n’est toutefois pas une surprise pour
l’irresponsabilité des dirigeants actuels qui sont peu regardant sur des
questions d’enjeux aussi importants. Nous avons la fraîche mémoire de
l’opération de l’Arches de Zoé qui a montré que le régime de Deby réduit de
plus en plus le Tchad à un paradis de prospérité à toute entreprise
macabre.
Cependant, les consciences nationales sont imperturbablement éveillées et
actives dans les questions d’intérêt national. On pourrait se réjouir
aujourd’hui, car un groupe de citoyens tchadiens mène depuis un certain moment
un travail dans l’ombre pour retrouver la trace de Toumaï. Son but est de faire
des investigations sur cette question et entamer toutes les démarches
réglementaires pour permettre le rapatriement de ce patrimoine au cas où le
reste de Toumaï se trouve toujours dans le bureau de l’aristocrate français.
Ce comité s’est formé d’une façon spontanée et est animé par l’unique but
citoyen et patriotique de faire la lumière sur cette question. Jusqu’à là, les
investigations menées au Tchad n’ont pas permis de retrouver la trace du crâne
de Toumai. Et cela ni au Musée national de N’Djamena, ni même au laboratoire du
Centre national d’appui à la recherche scientifique (CNAR). Ou est Toumaï ?
Est-il toujours dans le bureau de Chirac ? Si oui, comment l’a-t-il acquis ? La
question reste entière, et nous nous brulons d’envie de le retrouver le plus
vite possible et cela avec la même élégance patriotique qui nous a permis de
nous faire respecter dans l’histoire.
A cette fin, nous lançons un appel urgent pour une contribution massive des
citoyens tchadiens et notamment celle des intellectuels tchadiens installés en
Europe et aux Etats-Unis. L’enjeu est très crucial, et il n’y a que par nous
mêmes et nos efforts personnels que la lumière sur cette question soit établie.
La place de Toumaï est au Tchad, et jusqu’à ce que nous y arriverons, de grâce,
ya djama, comme vous l’a fait la citoyenne Laokolé pour l’image du grand
citoyen Ibni Oumar, « taisons ces querelles nauséabondes qui resurgissent
avec violence ces jours ci sur les sites nous plongeant dans les moments les
plus sombres de notre histoire » et rejoignons ce chantier noble de recherche
de la trace de Toumaï.
Merci ya djama.
Pour tout contact :conscience.yadjama@yahoo.fr
dimanche 7 septembre 2008
« Je ne suis pas ta petite Rachida, je n’ai pas besoin de toi » Bakchich
Rachida tacle Borloo et
Devedjian / mercredi 3 septembre par
Xavier Monnier
Dans le dossier que « Le Point »
consacre cette semaine à Rachida Dati (à paraître jeudi 4 septembre), si l’on
n’apprend pas qui est le père de son futur enfant, on découvre en revanche qui
définitivement ne fait pas partie de sa famille.
Rachida profite en effet de sa
nouvelle exposition médiatique pour tacler durement Patrick Devedjian et
Jean-Louis Borloo.
Du patron de l’UMP, elle confie
au Point avoir été « meurtrie par les médisances que Patrick
Devedjian, convaincu de sa propre légitimité à occuper le ministère de la
Justice, colportait sur son compte ». Et Rachida de préciser que,
tentant de se rattraper en l’invitant à dîner « fin juillet 2007 »,
Rachida fit répondre qu’elle n’était pas libre : « ni le 26, ni
jamais ! Jamais ! »
Rachida Dati, le
retour
© Mor’
Quant à Jean-Louis Borloo, il a
également droit à son avoine. Rachida Dati explique qu’au moment des déboires
judiciaires de ses frères, au sortir d’un conseil des ministres à l’été 2007,
Borloo lui a tapoté l’épaule en lui disant « ma petite Rachida, on te
soutient ».
Réplique furibarde de
Rachida : « Je ne suis pas ta petite Rachida, ( … ) tu dirais ça à
Christine Lagarde ? A Michèle Alliot-Marie ? En plus, tu me dis ça
maintenant que c’est fini. Je n’ai pas besoin de toi ! »
A bon entendeur salut …
Rachida D, 42 ans, ministre, célibataire et enceinte
Dans le grand
n’importe quoi politico-people du moment, l’affaire du nom du père du futur
enfant de Rachida Dati frôle les sommets: les "non" succèdent aux
noms jetés en pâture, de l’animateur télé à l’ancien Premier ministre espagnol,
du mari de Carlita à quelque obscur ministre. Rachida maintient le secret, mais
jusqu’à quand?
Evidemment on s’en
fout comme du premier coq jeté dans la piscine de Christian Clavier, mais
puisque tout le monde en parle, parlons-en: qui est donc l’anonyme personnage
qui a mis enceinte notre hargneuse, mais sympathique garde des Sceaux issue de
l’immigration non clandestine, protégée du chef de l’Etat et haïe par les
magistrats? Un animateur télé? Un ministre en exercice? Un ancien ministre? Le
président lui-même? Une vedette de la chanson, du cinéma? Pete Doherty? George
Clooney? Un des fils ou frère Sarkozy? Jean-Louis Borloo? Le colonel moutarde?
José Bové? Florent Malouda? Laurence Ferrari? Les rumeurs bruissent, courent,
galopent, avant d’être démenties, par les moustaches d’Aznar ou par les barbus
du net. On tâtonne, on essaie, on hésite et puis on signale quand même que tout
cela on n’en a rien à fiche, qu’est-ce que c’est que cette philosophie de bas
de lavabo qui consisterait, comme la dernière des Christine Angot venue à se
regarder le trou du derrière pour voir si celui des autres est bien propre? Et,
au fait, en parlant d’Angot, la piste Gynéco a-t-elle été écartée (si j’ose
dire) dans l’affaire Dati?
Cet
article a été rédigé par Lilian Massoulier et publié par AgoraVox le vendredi 5
septembre 2008. Nous vous remercions de votre visite.
Tchad : les Politiques rivalisent d’ingéniosité clanique Par Félix Ngoussou
Quand on fait un
tour des médias tchadiens, et si de surcroit on fait une lecture attentive du
champ politique
réservé aux politico-armés tchadiens, on constate que les
grands seigneurs de guerre convertis à la politique comme les hommes politiques
naturels ont souvent failli à leur vocation de démocrates.
En effet, le champ
politique tchadien se caractérise par un déficit de volonté ou de souci dans la
prise en charge du destin collectif et populaire avec tous les effets liés dont
le principal est la transcendance du destin collectif. Peu de tchadiens pensent
qu’une nation demeure, seuls les hommes passent. Beaucoup d’hommes politiques
ne comprennent toujours pas que le destin individuel n’est qu’un épiphénomène
dans le destin collectif. Mais que peut-on dire de la volonté de l’homme
politique tchadien si on ne se force pas à l’apparenter à une métaphysique de
l’histoire.
Si le Tchad
intrigue de par ses problèmes devenus endémiques, l’étendue des défis auxquels
il a à faire face et leur complexité, c’est-à-dire le degré de difficulté de
ses problèmes, c’est bien la faute des tchadiens eux-mêmes. Pourtant, disait-on
il y a quelques années, le troisième millénaire sera africain. Pour l’heure, le
troisième millénaire est là et, l’Afrique, mieux encore le Tchad est le plus
grand absent du wagon. Certes, il n’est guère trop tard et on ose espérer un
réveil mais en attendant, en tout cas, l’heure est à la réflexion, à la
mobilisation des énergies, des forces vives du Tchad.
Sur le sujet du
pouvoir au Tchad, les politico-armés rivalisent à l’envie d’ingéniosité
clanique. D’aucuns pensent en effet que les problèmes du Tchad, c’est d’abord
eux. On voit que chaque clan à son armée, non! Sa rébellion ! Mais ils ne sont
toujours pas arrivés à présenter un début de solutions aux sources de nos
conflits.
Le Tchad ne peut
être mieux que si nous commençons ensemble une révolution de nos états
d’esprit, du rapport que nous entretenons entre nous et de l’objectif du
changement souhaité. Le travail à opérer, on le voit, est plus abstrait
qu’infrastructurel, plus transcendant que technologique ou économique.
Il est vrai qu’au Tchad, l’État n’a pas vraiment émané des luttes sociales
internes. Il s’est formé sans une véritable lutte contre le colonialisme et
surtout pour l’indépendance nationale. Ce manque de lutte pour l’indépendance a
donné une coloration différente aux trois grandes valeurs fondatrices de la
société tchadienne : L’Unité-Travail-Progrès.
Le manque de lutte
pour l’indépendance avait favorisé la division du Tchad en clans et, cela n’a
pas résisté aux confrontations qu’ont entretenues les visions opposées de la
nouvelle société à construire. Elle est demeurée une valeur recours, mobilisée
non pas tant pour construire un bien-être collectif, mais pour la survie d’un clan
et, moins encore pour faire face à un malheur commun.
Les analyses de la situation tchadienne , dont les plus intéressantes ont été
conduites par une gauche qui n’a pas toujours su adapter ses inspirations aux
réalités du pays, n’insistent jamais suffisamment ou n’ont pas toujours su
tirer les conséquences du fait que les clans au Tchad n’entretiennent entre eux
que des rapports d’exploitation, de type capitaliste comme des rapports de
prédation et de spoliation dans le cadre d’un modèle d’accumulation qui
favorise l’exclusion et l’atomisation sociale plutôt que l’intégration
nationale.
Il faut partir des
royaumes et des sultanats pour comprendre que l’unité est un vain mot. L’État
lui-même est le pilier central de modèle d’accumulation. Il n’a jamais pu se
transformer comme ailleurs en une structure centrale articulée à la défense des
intérêts de tous les tchadiens mais des intérêts hégémoniques d’une classe ou
d’un bloc au pouvoir. Il est resté un État partisan et spoliateur davantage
préoccupé de médiatiser les luttes intestines entre des clans.
De toute évidence,
la transition tchadienne a trop duré. La population est fatiguée, rompue,
tandis que le pays accumule des retards mortifères au niveau de tous les grands
défis. Mais réussir la transition voulait dire très concrètement s’attaquer à
au moins cinq (5) problèmes majeurs :
1) Mettre de
l’ordre dans le gâchis institutionnel créé par le régime actuel sans céder à la
tentation de la chasse aux sorcières des pouvoirs traditionnels. Il fallait
dresser un premier bilan dans les différentes administrations, ne fut-ce que
pour évaluer les dégâts à réparer pour permettre un minimum de fonctionnement
étatique.
2) Combattre
l’impunité en procédant à des réformes minimales dans l’appareil judiciaire et
dans l’administration publique en commençant par dresser un bilan des crimes de
sang, de corruption et de malversation administrative.
3) S’attaquer très
vite à l’épineux problème du désarmement.
4) Définir un
cadre d’interventions d’urgence pour soulager la misère des masses et créer les
conditions d’un minimum de redressement économique.
5) Négocier avec
la communauté internationale un programme de coopération intérimaire précisant
autant les champs de la coopération économique et sociale que la mission et les
rôles.
La résolution de
ces problèmes paraissait indispensable pour garantir la réalisation d’élections
crédibles. Mais les partis politiques et les organisations de la société civile
ont perdu la fragile cohésion réalisée au sein de la société civile en se
dispersant dans des activités de survie. Le gouvernement s’est senti seul
maître de la transition et a fait montre d’un laxisme et d’une lenteur pour le
moins inquiétants vis-à-vis de tous les problèmes pourtant ciblés dans les
recommandations de la conférence nationale.
Aujourd’hui, nous
devons être réalistes. Le régime actuel a raté son mandat au regard des
principaux problèmes de son programme. Il lui reste seulement la chance de
prendre les dispositions nécessaires pour mobiliser les autres acteurs clefs de
la société et nous désignons ici très explicitement les partis politiques, les
organisations de la société civile, les politico-armés et la communauté
internationale sur le seul objectif encore réalisable : l’organisation
d’élections acceptables pour tout le monde. Cela implique justement que tout le
monde s’accorde sur la nécessité de créer les conditions d’organiser les
élections dans la sécurité.
L’Etat est le
premier concerné dans la recherche des solutions à l’épineuse question de la sécurité.
Mais il n’a pas jusqu’à présent su se montrer suffisamment cohérent pour
mobiliser la population et les autres acteurs autour d’une stratégie de lutte
pour le désarmement et contre l’insécurité. Au contraire le laxisme et la
lenteur du gouvernement sont devenus proverbiaux face à la persistance d’actes
de banditisme opérés par des groupes connus, identifiés et localisés.
Ce dernier doit se
donner la cohérence nécessaire pour définir avec la population une stratégie de
désarmement des gangs criminels et des membres ou proches des clans armés qui
détiennent illégalement des armes en créant une atmosphère d’anarchie nuisible
au processus de paix et électorale.
La classe politique quand à elle, paraît aujourd’hui atomisée et incapable de
définir ce qu’on pourrait considérer comme des tendances électorales
mobilisatrices. Elle réclame à cor et à cri de la sécurité pour aller aux
élections. Mais le rapport est dialectique entre les élections et la sécurité.
Celle-ci ne saurait relever uniquement de la responsabilité du gouvernement. La
population doit s’y impliquer activement. Elle ne le fera pas si elle n’est pas
engagée dans une dynamique de mobilisation électorale autour de grandes
tendances politiques garantissant des solutions réalistes à ses principaux
problèmes.
Il devient donc
urgent et impérieux que les responsables politiques engagent le dialogue et la
concertation indispensable pour une reconfiguration de la scène politique
autour de deux, trois, quatre ou même cinq grandes politiques plutôt que cette
multitude de particules dont aucun n’a jusqu’à présent démontré la moindre
capacité de faire face aux grand défis de la nation tels :
a) L’élaboration
d’un code de conduite électorale qui vient renforcer et consolider les
dispositions du document électoral produit par le gouvernement actuel.
b) La signature d’un pacte de gouvernabilité engageant les responsabilités du
pouvoir et de la nouvelle opposition issus des élections dans la création d’un
climat de stabilité politique indispensable au développement du pays.
Ensuite des objectifs post électoraux dont la poursuite relèverait plus
précisément de la responsabilité du nouveau gouvernement issu des élections et
qui viseraient à mobiliser la nation autour d’objectifs de bonne gouvernance
dans cinq domaines clefs : politique, économique, social, culturel et spatial.
Les hommes
politiques tchadiens ne doivent pas tout laisser à la société civile. Au Tchad,
la société civile est un concept flou aux contours mal définis. Dans le
contexte tchadien, il désigne l’ensemble des organisations et des associations
de différente nature et de tendances politiques diverses qui s’impliquent dans
la mobilisation sociale et politique en dehors des partis politiques et des
sphères de l’Etat. Comme les partis politiques, la société civile tchadienne
est soumise à la logique groupusculaire.
Aucune d’elle ne
peut vraiment prétendre à une représentation exhaustive de la multitude
d’associations, groupements et institutions relevant de leur secteur respectif.
Aussi la société civile demeure- t- elle encore atomisée et manque-t-elle la
cohésion nécessaire pour bien jouer son rôle dans la transition.
Toutefois, elle
peut peser d’un poids important dans la mobilisation en faveur des élections et
surtout pour convaincre les partis politiques à se regrouper en tendances
significatives et mobilisatrices.
Les politiques
doivent réussir l’unité face à l’actuelle bataille pour aborder les défis de la
modernité, de la démocratie et du développement dans le contexte de la
globalisation. En raison de problèmes liés au comportement des principaux
acteurs, en particulier le gouvernement, la classe politique et la société
civile organisée, le pays accumule des retards mortifères au regard des ces
trois grands défis et aujourd’hui la démocratie est à une phase critique où
chaque acteur doit jouer son rôle pour favoriser la réalisation d’élections
véritablement fondatrices pour la consolidation institutionnelle de la
démocratie dans notre société.
Cet
article a été rédigé par Félix Ngoussou et publié par Tchadforum.com en septembre 2008. Nous vous remercions de votre visite.
vendredi 5 septembre 2008
Le choix de Palin ne convainc pas les électrices
Selon un sondage, le ticket McCain-Palin,
jugé par 59% des femmes interrogées comme le fruit d'un "calcul
politique", ne recueillerait que 41% des suffrages des électrices contre
52% pour le ticket démocrate Obama-Biden.
Sarah Palin (Reuter
Sarah Palin,
la colistière du candidat républicain John McCain à la Maison Blanche , ne
semble pas convaincre les électrices de voter pour le ticket républicain, selon
un sondage publié mercredi 3 septembre pour le groupe féministe proche des
démocrates Emily's List. Le ticket McCain-Palin ne recueillerait que 41% des
suffrages des électrices contre 52% pour le ticket démocrate Obama-Biden.
Selon ce sondage, le choix de Sarah Palin s'avère être finalement plus
"un frein qu'un levier pour le ticket républicain", tandis que les "dossiers" sur elle
s'accumulent.
Fruit d'un calcul politique
En effet, 59% des électrices interrogées estiment que le choix Sarah Palin est le fruit d'un "calcul politique". Elles ne sont que 20% à considérer qu'il est fondé sur des critères "d'expérience et de compétences".
En revanche, 50% des électrices pensent que le choix de Joe Biden comme colistier de Barack Obama est fondé sur l'expérience.
Même les électrices qui se disent républicaines sont partagées sur ce point : 39% pensent que le choix de Sarah Palin s'est fait sur l'"expérience", 36% sur le "calcul politique".
Un parcours jugé peu exceptionnel
De plus, seules 25% des femmes interrogées se disent impressionnées par le
parcours de Sarah Palin. 16% sont assez impressionnées, 17% sont un peu
impressionnées et 32% très peu impressionnées.
Du côté des femmes démocrates, 45% des électrices d'Hillary Clinton pensent que
le parcours de Sarah Palin a très peu d'attrait. Conséquence, seules 9% d'entre
elles affirment qu'elle vont voter pour John McCain en raison de la présence de
Sarah Palin sur le ticket, tandis que 55% de ces femmes disent qu'elles ne
voteront pas pour John McCain.
Source : NOUVELOBS.COM
Sarah Palin : un "pitbull" "avec du rouge à lèvres"
Dans un discours de 40 minutes qui faisait
figure de "test" pour elle, Sarah Palin a accepté son investiture à
la vice-présidence du candidat républicain John McCain. Sous les
applaudissements, elle s'est présentée à la fois comme une bonne mère de
famille et un "pitbull" "avec du rouge à lèvres" au moment
d'attaquer Barack Obama.
Sarah Palin, la colistière du candidat républicain John McCain à la Maison Blanche, a passé son Grand oral mercredi soir 3 septembre devant la Convention républicaine réunie à Saint Paul (Minnesota). Elle a choisi de jouer, dans son discours d'acceptation de son investiture (> Lire le texte du discours en anglais), sur la carte de l'"outsider", sous les yeux de John McCain qui a ensuite été officiellement investi par son parti comme le candidat républicain à la Maison Blanche
Dans son discours, Sarah Palin a joué sur plusieurs registres : tout en se présentant comme une bonne mère de famille, une "hockey mom", elle s'est révélée très agressive, parlant d'elle-même comme d'un "pitbull" "avec du rouge à lèvres" au moment de critiquer le candidat démocrate Barack Obama : "Vous savez quelle est la différence entre une hockey mom et un pit bull ? Le rouge à lèvre", a-t-elle déclaré.
Pas "un membre permanent de l'establishment politique"
Intervenant juste après le discours de l'ancien maire de New York Rudolph Giuliani, Sarah Palin, connue pour ses positions très conservatrices, a réagi aux critiques qui lui sont adressées. "Et voici un petit flash d'informations à destination de tous les journalistes et commentateurs : je ne vais pas à Washington pour obtenir leur approbation. Je vais à Washington pour servir le peuple de ce pays", a lancé la candidate à la vice-présidence.
Elle a dit ne pas être "un membre permanent de l'establishment politique", mais avoir vite appris, ces derniers jours, que si elle n'était pas un membre en règle de l'élite de Washington, certains, dans les médias, ne pouvaient la considérer comme une candidat qualifiée juste pour cette raison.
Attaques contre Obama
Pendant 40 minutes, elle a exposé sa conception de la politique : "Voici comment je regarde le choix des Américains face à cette élection. En politique, il y a les candidats du changement qui utilisent leur candidature pour promouvoir leur carrière. Et puis il y a ceux, comme John McCain, qui utilisent leur carrière à promouvoir le changement".
La candidate à la vice-présidence a, sans le nommer, vivement dénigré le rival
démocrate, Barack Obama, qui ne dispose que d'une expérience
"d'organisateur communautaire à Chicago" et non "d'homme
politique", contrairement à elle.
Visant directement Obama, Sarah Palin a souligné que "la présidence américaine n'est pas censée être un voyage de 'découverte personnelle'" : "Ce monde de menaces et de dangers n'est pas qu'une simple communauté et il n'est pas besoin d'un simple organisateur".
Et d'ajouter que si Barack Obama et son colistier Joe Biden assurent qu'ils se battent pour les Américains, "il n'y a qu'un seul homme dans cette élection qui se soit vraiment battu pour vous (...) dans des lieux où la victoire signifiait la survie et la défaite voulait dire la mort. Et cet homme c'est John McCain".
Polémiques
Sarah Palin a présenté sa famille et soulevé de très vives acclamations dans l'assistance - quelques dizaines de milliers de personnes. Elle en a profité pour souligner qu'elle était la première femme à être vice-présidente du parti républicain et qu'elle serait la première femme vice-présidente des Etats-Unis.
Son discours d'acceptation faisait figure de "test". L'allocution de l'avocate par excellence des valeurs familiales traditionnelles est intervenue deux jours après la révélation de la grossesse de sa fille mineure et célibataire, une situation potentiellement embarrassante pour le sénateur de l'Arizona.
La gouverneure, en poste depuis deux ans dans l'Alaska, doit également faire face à des soupçons d'abus de pouvoir liées à l'exercice de son mandat. Autre "casserole" potentielle, elle aurait accepté au moins 4.500 dollars de fonds de campagne d'une société au centre d'un scandale de corruption publique. > Voir un récapitulatif des polémiques et "dossiers" la concernant.
Toutes ces révélations ont soulevé des questions sur l'attention portée au pedigree de Sarah Palin, avant de la choisir comme colistière. Le choix surprise de Sarah Palin sur le ticket républicain, annoncé vendredi dernier, avait immédiatement suscité la polémique, au regard de son inexpérience sur la scène politique nationale, notamment en matière de sécurité nationale et d'affaires étrangères.
De plus, selon un sondage, le
choix de Sarah Palin ne semble pas convaincre les électrices de voter pour le
ticket républicain. (Avec AP)
Source : NOUVELOBS.COM
Fin de la convention républicaine : McCain averti Washington d'un "changement"
John McCain a averti pendant près d'une heure, jeudi 4
septembre au soir les hommes politiques de Washington que "le changement
était à venir", dans son discours d'acceptation comme candidat à la
présidentielle du 4 novembre, ultime et dernier temps fort d'une convention
républicaine qui a duré quatre jours.
Dans l'Excel Energy Center de Saint Paula (Minnesota) et au cours de son sprint
final, le candidat républicain a tiré à boulets rouges contre les hommes
politiques, devant une convention en liesse: "Laissez-moi vous offrir en
préavis un avertissement face aux grandes dépenses à l'ancienne qui ne font
rien, moi le premier, je m'adresse à la foule de Washington: le changement est
à venir", a dit John McCain.
Il a souligné son indépendance par rapport à Georges W. Bush, affirmant son
désir de remettre en question son propre parti, tout en ménageant la base de
ses électeurs. Il a mis en garde contre ceux qui "travaillent pour eux-mêmes
et pas pour vous".
Défense de ses positions sur l'Irak
Le candidat républicain à la Maison Blanche a rappelé la période difficile que le monde
traverse: "Je me suis toujours battu pour la meilleure stratégie et pour
plus de troupes en Irak, alors même que cela n'était pas populaire. Et quand
les experts ont prédit que cela me ferait perdre la campagne, j'ai rétorqué
préférer perdre une élection que voir mon pays perdre une guerre".
John McCain s'est opposé à Barack Obama, qui "suit le combat inverse du
sien, lui qui se bat pour le bien du pays". Il a pris la défense de Sarah Palin qui a injustement été critiquée parce
qu'elle était une femme. "Je suppose qu'elle veut être traitée de la même
façon que les gars, c'est-à-dire que ses dossiers sont à examiner à la lettre.
Je l'ai fait pendant 19 mois. Et certains se targuent de l'avoir fait en
seulement quatre jours?". Le sénateur de l'Arizona a commencé par rendre hommage à sa femme, qui l'a plus
inspiré que lui ne l'a inspirée elle-même. Il a remercié à plusieurs reprises
le public de la convention, pour sa "confiance" et lui a adressé son
"respect" et son "admiration".
Il a accepté officiellement sa nomination comme le candidat officiel du Parti
républicain, après celle de Sarah Palin comme sa colistière. Il a succédé à la
tribune à sa femme, Cindy McCain qui s'est adressée à la convention. John McCain, âgé de 72 ans, a survécu à un cancer et a été torturé à maintes
reprises au cours de plus de cinq années dans le Nord du Vietnam: "Je
n'étais plus seulement un homme, j'étais mon pays".
"Battez-vous avec moi"
Il a appelé les Américains à rejoindre son combat: "Battez-vous avec moi.
Battez-vous avec moi. Battez-vous pour ce qui est juste dans notre pays.
Battez-vous avec les idéaux et la personnalité d'un peuple libre. Battez-vous
pour le futur de nos enfants. Battez-vous pour la justice et pour donner sa
chance à tous. Levez-vous pour défendre notre pays contre ses ennemis.
Levez-vous pour les uns les autres; pour une Amérique magnifique, bénie et
généreuse. Levez-vous, levez-vous, levez-vous et combattez. Rien n'est
inévitable ici. Nous sommes américains et n'abandonnons jamais. Nous ne
renonçons jamais. Nous ne fuyons jamais devant l'Histoire. Nous faisons
l'Histoire." John McCain et Sarah Palin ont immédiatement quitté la convention après la fin
du discours du candidat républicain, à destination du Wisconsin, pour pouvoir
rapidement commencer sa tournée des 50 Etats américains.
Par ailleurs, à l'extérieur de la convention, la police a rapporté avoir arrêté
jeudi plus de 400 personnes parmi les manifestants qui ont appelé dans la
soirée à la fin des hostilités en Irak, en scandant: "La guerre de qui? La
leur. Les rues de qui? Les nôtres". (avec AP)
Source : NOUVELOBS.COM
mardi 2 septembre 2008
Retrait de la plainte pour maltraitance contre le fils Kadhafi - afp
Les deux anciens domestiques du
fils du dirigeant libyen, qui accusaient Hannibal Kadhafi de mauvais
traitements, ont finalement retiré leur plainte. "De manière libre,
réfléchie et éclairée, mes clients ont décidé de retirer la plainte pénale
qu'ils avaient déposée [contre Hannibal Kadhafi et sa femme Aline]",
a annoncé, mardi 2 septembre, leur avocat. Les deux anciens domestiques – une
Tunisienne et un Marocain – "ont été correctement indemnisés",
a précisé Me François Membrez, et "ils ont également obtenu
un permis de séjour temporaire à titre humanitaire en Suisse".
Hannibal Kadhafi et son épouse, Aline, avaient été arrêtés
le 15 juillet dans un hôtel de Genève après la plainte des deux domestiques. Le
couple, libéré après deux jours de détention et le versement d'une caution d'un
demi-million de francs suisses (312 500 euros), avait été inculpé à Genève de
lésions corporelles simples, menaces et contraintes. Fin août, les deux
domestiques avaient raconté leur calvaire au Monde.
Mais M. Kadhafi et sa femme ont toujours nié les accusations de maltraitance.
LE FRÈRE D'UN DES PLAIGNANTS TOUJOURS INTROUVABLE
Jusqu'à présent, les pourparlers avec les plaignants étaient bloqués par la disparition du frère de l'ancien domestique marocain. Une source proche du gouvernement marocain avait assuré le 15 août que cet homme était en Tunisie, mais cette information n'a pas été confirmée depuis. Et l'avocat précise être "toujours sans nouvelles" du disparu. A son sujet, les deux anciens domestiques "ont choisi de s'en remettre aux Nations unies, représentées par le Haut Commissariat aux droits de l'homme à Genève, devant lequel une procédure en disparition forcée a été initiée", indique Me Membrez.
Le retrait de la plainte ouvre la voie à un apaisement des relations entre la Suisse et la Libye, qui avait exigé des "excuses sur la manière dont Hannibal Kadhafi et sa femme Aline avaient été traités lors de leur interpellation". Furieuse de l'inculpation du fils du chef de la révolution libyenne, Tripoli était allé jusqu'à menacer la Suisse de suspendre ses livraisons de pétrole, sans toutefois mettre à exécution cette menace.
dimanche 31 août 2008
Libye : notre ami le dictateur - Le Matin des idées
En
rendant visite au chef d'Etat libyen, Nicolas Sarkozy accrédite la
thèse de la conversion de l'Etat-voyou en régime fréquentable, estime
le politologue François Burgat, spécialiste du Maghreb. Pour pouvoir
enfin vendre à la Libye ce qui ne devrait être livré qu'aux pays
respectables
Le Nouvel Observateur. - Avant
la décision de Nicolas Sarkozy de livrer à la Libye un réacteur
nucléaire, au lendemain de la libération des infirmières et du médecin
bulgares, les relations entre Paris et Tripoli avaient été, pour le
moins, tourmentées. . .
François Burgat. - C'est un fait. Mais elles sont loin d'avoir toujours été mauvaises. Lorsque Kadhafi s'empare du pouvoir en septembre 1969, en déposant le roi Idris Senoussi, les premières appréciations des observateurs sont relativement favorables. Il est perçu positivement, aussi bien d'ailleurs par les Américains que par les Français. C'est un dirigeant qui, certes, met en avant l'identité arabe et pour qui la religion semble compter, mais il est surtout anticommuniste, et c'est alors le véritable critère d'appréciation.
N. O. - Au point que Paris ne va pas hésiter à vendre des Mirage au colonel Kadhafi, et à entraîner ses pilotes…
F. Burgat. - La première grande décision de Kadhafi ne traumatise sans doute pas le général de Gaulle: il refuse de renouveler le contrat qui donnait aux Américains la gigantesque base aérienne de Wheelus Fields, dans la banlieue de Tripoli. Il s'attaque ensuite à la renégociation - remarquablement menée par le commandant Jalloud - des prix du pétrole. Mais la flambée des prix de 1973 va rendre ces hausses relatives. Kadhafi apparaît donc avant tout comme un nationaliste économique, dans la droite ligne de son maître à penser Nasser. C'est dans ce contexte que vont démarrer les négociations qui conduiront à la vente des Mirage FI, des hélicoptères Super-Frelon et Gazelle, mais aussi à la construction de la couverture radar de la Libye par des entreprises françaises, notamment Thomson. OAS_AD(’Middle1′);
N. O. - Ce qui n'empêchera pas la France de lancer,
quelques années plus tard, ses propres Mirage et ses Jaguar contre
l'armée libyenne sur le sol tchadien…
F. Burgat. - Entre-temps, la diplomatie libyenne s'est redéployée vers le sud. Entre 1969 et 1974, Kadhafi échoue à conclure une union avec l'Egypte. Il essaie sans plus de succès de faire de même avec la Tunisie, en direction cette fois du Maghreb. Constatant que ses tentatives unionistes se heurtent à l'immobilisme des régimes arabes, il va en tirer deux conclusions. 1) Il élabore une théorie institutionnelle (la démocratie directe des congrès populaires) destinée à se substituer aux gouvernements afin que les masses populaires, qu'il pense être intuitivement unionistes, puissent enfin exprimer leur volonté. Il entre de ce fait en conflit avec presque tous les régimes arabes. 2) Il tourne alors ses ambitions interventionnistes déçues vers le Sud sahélien. Sa diplomatie, qui manie les commandos aussi bien que les crédits, le met très vite en tension avec les pays qui ont des intérêts dans cette région, et notamment, au Tchad, avec la France. En 1980, le consulat de France à Benghazi est saccagé. L'apogée de la confrontation sera atteint en 1983 avec le bombardement d'Aozou par les avions français. Les ambitions tchadiennes de Kadhafi prendront définitivement fin le 5 septembre 1987 avec une déroute militaire humiliante: les troupes tchadiennes s'enfoncent sur plusieurs centaines de kilomètres à l'intérieur du territoire libyen et détruisent la base de Matten es-Sahra. OAS_AD(’Middle3′);
N. O. - Mais Kadhafi ne devient pas fréquentable pour autant…
F. Burgat. - C'est à partir de 1987 qu'il va chercher à le redevenir. La défaite au Tchad est venue parachever l'impact d'un autre revers, militaire et politique, qui va le conduire à adapter son comportement au rapport des forces sur la scène internationale. Dans la nuit du 14 au 15 avril 1986, l'aviation américaine bombarde Tripoli et Benghazi. Le raid fait suite à plusieurs incidents aériens dans le golfe de Syrte et à plusieurs attentats survenus en Europe, dont l'un contre une discothèque de Berlin-Ouest qui fait deux morts et 204 blessés. Cette opération - au cours de laquelle l'un de ses domiciles privés est détruit et sa fille adoptive tuée - est sans doute le pivot historique de l'évolution de Kadhafi. Un ennemi jusqu'alors largement mythique fait irruption dans son intimité quotidienne. Pis encore: les masses demeurent imperturbables, tout comme ses «frères arabes», qui ne protestent même pas.
Indiscutablement, c'est de ce moment que date le début de sa volonté de prendre en compte de façon réaliste les résistances qu'il rencontre aussi bien sur la scène intérieure que sur la scène diplomatique. Il prend acte à la fois de l'échec relatif de sa politique économique, d'une réelle apathie de ses concitoyens et de la dissymétrie de ses forces avec celles qu'il entend défier. Il va dès lors se réconcilier avec la plupart des capitales arabes, y compris avec l'Egypte, dont il refusait de nommer la capitale (Le Caire, Al-Qahira, la victorieuse) autrement que la «Maqhoura» (la vaincue) et son président (Moubarak, le béni) autrement que «Al-Bârik», l'agenouillé! A l'intérieur, si la perestroïka politique se limite à quelques contacts avec des opposants en exil, l'infitah économique voit l'Etat se désengager notamment du secteur du commerce. Au reste du monde, il adresse des signaux plutôt conciliants: Tripoli accueille le Paris-Dakar et aide même à la libération d'otages français au Liban. Le Kadhafi nouveau est arrivé…
N. O. - A-t-il réellement cherché, par le passé, à se doter d'un armement nucléaire?
F. Burgat. - Assez vraisemblablement. Ce n'est pas un secret. Les documents aujourd'hui aux mains des Américains semblent confirmer - ce que Tripoli d'ailleurs n'a pas nié - l'existence de recherches et des embryons de technologie sans doute en provenance du Pakistan. Il paraît en tout état de cause logique qu'un homme habité par son ambition politique et qui a essayé de se doter (avec l'aide d'un ancien agent de la CIA) de toutes sortes de moyens militaires n'ait pas écarté cette option.
N. O. - Comment s'expliquent la détention des
infirmières et du médecin bulgares, et le traitement atroce qu'ils ont
subi? Une preuve de fermeté, à usage interne, au moment où il
assouplissait son discours à l'extérieur?
F. Burgat. - Il se peut qu'il y ait eu de cela. Souvenons-nous que Kadhafi, en 2003, redoutant de subir le même sort que Saddam Hussein, a fait un véritable hara-kiri nationaliste: non seulement il a accepté de payer de lourdes indemnités mais, bien pire pour son honneur, il a autorisé ceux qui l'avaient bombardé à venir physiquement fouiller ses casernes, emporter tout ce qu'ils souhaitaient et détruire ses missiles. Or Kadhafi a estimé n'avoir pas été rémunéré pour ses multiples concessions, ni par les Etats-Unis ni par l'Union européenne. Les Etats-Unis lui avaient notamment fait la promesse d'une sorte de «partenariat nucléaire» qui a donné lieu à un vrai malentendu. Kadhafi s'attendait également à être reçu dans les capitales européennes, mais hormis à Bruxelles il n'a été reçu nulle part.
Dans ce contexte, il se pourrait que le dossier des infirmières ait constitué, si j'ose dire, l'arme du pauvre, une sorte d'« os nationaliste» à offrir à ses partisans, une manière de signifier qu'il n'avait pas complètement perdu sa capacité à défier la communauté internationale. Ce dernier refus lui aurait permis de dire, aussi bien à l'intérieur que sur la scène internationale: «J'ai conservé une capacité d'opposition, un pouvoir de nuisance; vous voyez, je m'appelle toujours Kadhafi».
N. O. - Quel est le rôle réel de la Fondation Kadhafi,
dirigée par le fils du colonel, Saïf el-Islam? Donner a la Libye un
outil d'action humanitaire pour améliorer son image internationale ou
fournir au dauphin présumé une rampe de lancement?
F. Burgat. - Je dirais que c'est une combinaison des deux. La question de la succession est posée. Il est très vraisemblable que Saïf el- Islam, comme Jamel Moubarak, est en train d'être mis sur orbite par son père. Au Forum économique mondial, la Libye est régulièrement représentée par Saïf el-Islam et l'Egypte par Moubarak fils. J'ajouterais que le fait de disposer de cette sorte d'ONG permet à la Libye d'agir sur des terrains où la diplomatie officielle ne pourrait pas se permettre de perdre la face. C'est en tout cas ainsi que les choses ont fonctionné. Je ne crois pas du tout à l'autonomie politique du fils par rapport au père.
N. O. - Dans quel état est l'industrie pétrolière libyenne?
F. Burgat. - Elle a souffert de l'embargo. Aujourd'hui encore, elle n'a pas retrouvé le niveau de production d'avant 1992. L'une des premières mesures adoptées depuis 2005 a été le lancement d'appels d'offres à des compagnies étrangères. Elles sont aujourd'hui une quarantaine à avoir obtenu des droits de prospection. Et les échos des premières recherches rendent les pétroliers euphoriques: la Libye va être encore plus riche dans les années à venir.
N. O. - Ce que Nicolas Sarkozy n'ignorait sans doute pas...
F. Burgat. - Ce qui me paraît clair, c'est qu'il a joué deux cartes à la fois dans cette opération. Le premier acquis relève de ce que ses opposants appelleront «le coup d'éclat permanent»: il sauve des femmes victimes d'un tyran arabe. Le second est diplomatique et économique: il s'agissait, en même temps, de redonner à Kadhafi le minimum de respectabilité suffisant pour permettre de lui vendre toutes ces «choses» qu'on ne peut décemment vendre qu'aux gens bien…
Politologue, arabisant, François Burgat est directeur de recherche à l'Institut de Recherches et d'Etudes sur le Monde arabe et musulman du CNRS. Il a publié en 2005 «l'Islamisme à l'heure d'Al-Qaida» (La Découverte) et en 2003, avec André Laronde, «la Libye» (PUF).
René Backmann
Le Nouvel Observateur
Afrique : jusqu'où s'arrêtera Khadafi ? - Ambenatna
La dépêche précédente nous informe que le Colonel Khadafi, Président ou Guide de l'Etat libyen, peu importe pour nous, vient
d'être désigné par des chefs de tribus d'Afrique noire comme Roi des rois d'Afrique. Il y a quelques mois, le même Khadafi a été intronisé Roi des rois Touaregs.
Depuis, le Niger et le Mali où existe une forte communauté
touareg connaissent une recrudescence de la rébellion armée soutenue
par la Libye.
Invités
par les bons soins de Khadafi, nos illustres chefs traditionnels, très
satisfaits de leur séjour particulier à Syrte (Libye), ont jugé
nécessaire, certainement en guise de reconnaissance des espèces
sonnantes et trébuchantes reçues, de mettre à leur tête un non-roi.
C'est leur choix, sauf que pour les Maires, dans certaines contrées
d'Afrique, ils sont élus par les citoyens et donc ne peuvent pas être
sous la royauté du Guide Libyen.
Rappelons
tout de même que le Colonel Khadafi est arrivé au pouvoir suite à coup
d'État militaire contre la monarchie dirigée par le Roi Mohamed Idriss
As-Sanoussi qui a régné sur la Libye de 1959 à 1969 année du putsch. Ce
dernier, unanimement respecté, dispose d'une autorité absolue. Il n'y
avait pas encore de partis politiques, mais la liberté d'expression et
même de la presse existait bel et bien. Dans son gouvernement
figuraient des jeunes qui souhaitaient moderniser leur pays. Pour ce
faire, ils envisageaient d'ouvrir progressivement les frontières de la
Libye à l'immigration afin de mettre en valeur des dizaines de milliers
d'hectares de terres très fertiles et pratiquement abandonnées par les
agriculteurs, des ouvriers qualifiés pourraient contribuer à
l'installation de multiples industries de transformation, des
entrepreneurs pourraient faire de cette Libye libérale, étonnamment
pourvue en trésors archéologiques, riche en ressources minières
(pétrole, gaz) et disposant des côtes d'une merveilleuse beauté, située
au cœur de la Méditerranée, un des pôles de l'Afrique.
Mais
hélas, le nouveau guide a orienté les richesses dans l'armement et le
soutien des révolutions à travers le monde, le terrorisme, les crises
internationales (occidentales, arabes), l'annexion des pays voisins.
Aujourd'hui, après l'échec de l'union du monde arabe, c'est la
« conquête » politique de l'Afrique noire à travers des instruments
comme la CEN-SAD qui regroupe 22 pays sub-sahariens, les
investissements limités (hôtels, banques pour la propagande) et l'UA
dont le guide libyen rêve d'être le premier chef de gouvernement.
En lisant cette dépêche, nous esquissons inévitablement un petit sourire et plaçons cet événement dans le lot des folies et fantasmes de Khadafi. Puis, un peu plus sérieusement, nous sommes quelque part choqués par la conception et la considération toute particulière que Khadafi a de l'Afrique noire et des Africains. Il rassemble des chefs traditionnels de nos pays mais tient en quarantaine ceux de son pays et bien entendu, il se garde d'inviter ceux des pays arabes. Il demande aux notres de mettre la pression sur leur gouvernement respectif en vue d'accélérer l'unification de l'union africaine. Tandis qu'au même moment, des immigrés africains sont maltraités, leurs biens confisqués et expulsés en masse de la Libye.
On peut penser que khadafi s'ennuie à mourir dans son pays où toute vie politique et socio-culturelle ont été inhibées par sa politique répressive et son esprit rétrograde. D'où les longs safaris qu'il s'offre régulièrement à travers les savanes africaines, explorant les faunes sauvages et les populations désœuvrées et pauvres qui courent inlassablement derrière son cortège. Auto-proclamé Grand commandeur des croyants, Khadafi s'est toujours imposé Imam partout en Afrique noire où il s'est rendu et ce contrairement aux principes de l'islam qui interdisent à un hôte de diriger la prière. Nos chefs politiques, coutumiers et religieux ont jusque-là adopté un profil bas sur la question.
On se demande bien pourquoi ? Parce que nous sommes pas suffisament instruits, cultivés et religieux ? Parce que nous
sommes pauvres ? Parce que nous sommes tous devenus corruptibles ? Parce qu'on ne croit plus à nos valeurs ?
Khadafi ne respecte pas nos États et ses dirigeants, il foule nos
territoires quand il veut et où il veux, il nous impose sa politique
étrangère, il fait fi de nos coutumes et religiosités, ... etc.
Pour
assouvir ses désirs et ses ambitions paranoïaques, il ne ménage aucun
moyen. Aujourd'hui, il demande aux chefs traditionnels de faire
pression sur nos gouvernants, demain sera le tour des politiques et si
ça ne passe pas, il s'imposera aux militaires toujours à coup de
dollars. Va t-on toujours le laisser faire ? Jusqu'où s'arrêtera
khadafi ? Aurions-nous le temps de réagir avant qu'il ne soit trop tard
?
Je vous souhaite un bon mois saint de Ramadan - MY
Tchadiens mes frères
Chers compatriotes de confession musulmane,
Le
Prophète Mohamed disait :
« Si vous voyez
le diable, changez-le,
par le geste si vous
pouvez,
par la parole si vous
pouvez,
par le cœur si vous
pouvez ;
C’est une question de
Foi».
Tout
comme les quelques trois milliards de musulmanes et musulmans de par le monde,
vous vous apprêtez à entamer le jeûne du mois Saint du Ramadan, si ce n’est
déjà fait. Le Ramadan est l’un des cinq piliers de l’Islam et une « obligation »
pour toute/tout musulmane/musulman.
Permettez-moi, en ce début de ce mois Saint, de
vous saluer et vous féliciter, vous et vos proches, dans l’amour, la paix, la
compassion et la fraternité de Dieu.
Puisse la Paix et la Miséricorde du Tout-puissant
être sur vous et puisse la Paix et la Miséricorde être sur nous tous,
tchadiennes/tchadiens, par la volonté de Dieu ;
Puissent la Paix et la Miséricorde du Tout-puissant
être sur nous tous en cette terre, Tchad, que Dieu nous ait léguée ;
Puissent la Paix et la Miséricorde du Tout-puissant
être aussi sur nous tous partout ailleurs dans toutes les parties de ce vaste
monde où nous nous trouvons (chacun volontairement ou contre sa volonté) ;
Puissent la Paix et la Miséricorde du Tout-puissant
être sur notre Mère Patrie, le Tchad, tant troublée ces 18 dernières années par
de contradictions internes toujours si aiguës, menacée par de crimes sadiques
toujours non élucidés ; toujours fragilisée par la destruction de ses
fondamentaux et qui sombre encore et toujours dans l’inconnu du lendemain, 48
ans après son indépendance.
Chères sœurs, Chers frères musulmans du Tchad,
Où que vous vous trouviez, je sais que vous vous
apprêtez à entamer dignement ces 30 jours de Ramadan. C’est pour cela que je
vous prie de bien vouloir accepter ce message d’encouragement, de paix, d’amour
dans la fraternité.
Puissent la Paix et la Miséricorde du Tout-puissant être sur nous tous, sur notre
terre Tchad, la terre de Dieu. Nous tous : musulmans et chrétiens
adorons Dieu et nul autre que Dieu. Et les enseignements et les commandements
de Dieu qui sont portés à ma connaissance sont : Amour, Sincérité, Pureté
et Paix.
Permettez moi de finir mon message par la citation
de Zacharie : « Aimez le droit et la
justice », et ces versets du Saint
Coran : « Nous croyons en Dieu
et en ce qui nous a été révélé et qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaac,
Jacob et les tribus et dans les livres donnés à Moïse, Jésus et les Prophètes
par leur Seigneur. Nous ne faisons nulle distinction entre eux et c’est à Dieu
que nous nous soumettons».
Puisse Allah nous épargne d’autres Kouno.
Michelot Yogogombaye.
Elle s'immole par le feu pour protester contre le racisme!
Horreur au Luxembourg: Une femme d'origine congolaise s´immole par le feu pour protester contre le racisme.
Elle est congolaise (RDC). Elle s'est mariée à un belge et devenue citoyenne belge par alliance. Ne pouvons plus supporter les remarques et autres attaques raciste des européennes et européens à son égard et, plus généralement à l'égard des noirs, elle a décidé de s'immoler par le feu en plein coeur de Luxembourg. C'était en octobre 2004.
Malgré l'intervention rapide de son mari, aidé par quelques passants, des touristes, choqués par la scène, cette pauvre mère décède le 4 octobre 2004 dans un hôpital en France, à l'indiférence général de ses deux pays: le Congo Démocratique et la Belgique. Cela n'a point fait la une des médias occidentaux. Ni RFI, ni TF1, ni France télévision, ni TV5, ni RTBF, ni BBC, ni Euronews n'a consacré le 1/1000ème du temps que ces médias ont consacré à insulter Robert Mugabé. Parce que, quoiqu'elle soit une femme belge et donc européenne, rien ne change: c'était une négresse, une noire qui s'immole. ça n'interesse pas l'opinion.
samedi 30 août 2008
Arrêtez–le! - Un mandat lancé par l'Etat libanais.
A Beyrouth, c’est un vieux dossier qui vient de sortir des
tiroirs de la Justice
: il s’agit de la disparition en 1978 du chef de la communauté chiite.
Un juge vient d’inculper et demander l’arrestation du
colonel Mouammar Kadhafi accusé d’avoir enlevé le dignitaire religieux.Une
décision qui risque toutefois de rester sans lendemain.
Un réveil bien tardif?
Vingt ans après la disparition de l’Imam Moussa Sadr, la
justice libanaise a réactivé le dossier et inculpé Mouammar Kadhafi en
demandant son arrestation. Il s’agit en fait d’une vieille histoire. Août 1978.
Moussa Sadr, chef spirituel de la communauté chiite libanaise, disparaissait
avec deux de ses compagnons au cours d’un voyage en Libye.
Fondateur du mouvement chiite Amal, dont le chef actuel est
le président du Parlement Nabih Berri, l’imam était à l’époque au faîte de son
influence. Il n’a plus donné signe de vie depuis cette visite et beaucoup
pensent ici que le chef religieux avait été tué après son enlèvement..
La justice libanaise avait bien mené une enquête après cette
disparition, mais les Libyens ont toujours nié avoir détenu le dignitaire religieux.
Ils avaient même prétendu en ce temps qu’il avait terminé sa visite en Libye et
qu’il était reparti pour l’Italie. Mais les recherches dans ce dernier pays
n’avaient rien donné.
Enlèvement
Dans ses attendus, le juge libanais accuse le colonel Kadhafi
d’incitation à l’enlèvement, à la guerre civile au Liban et au conflit armé
entre confessions. Selon la loi libanaise, ce dernier chef d’inculpation est
passible de la peine de mort. Six autres ressortissants libyens ont été
également inculpés pour participation à l’enlèvement.
Comme le chef de l’Etat libyen n’avait pas répondu à une
précédente convocation, le juge a décidé d’émettre un mandat d’arrêt à son
encontre. La question qui se pose est de savoir pourquoi la justice libanaise
a-t-elle décidé brusquement de réactiver ce dossier. Il faut savoir que
l’équilibre communautaire local a énormément changé depuis 1978.
En profil bas depuis de nombreuses années, la communauté chiite a depuis gagné en puissance avec l’émergence du tout puissant Hezbollah. Ce qui fait que la disparition de l’Imam est brusquement revenue sur le tapis avec l’exigence de faire toute la lumière sur sa disparition. Bien évidement, on ne voit pas comment la justice libanaise pourra donner une suite concrète à sa décision, le colonel Kadhafi étant un chef d’Etat en exercice. Déjà que la police locale est dans l’incapacité d’arrêter les responsables d’une série d’attentats meurtriers qui avaient secoué le pays au cours des trois dernières années, les commentateurs estiment que la décision judiciaire d’arrêter le colonel Kadhafi relève davantage de la gesticulation politique.
Source: BBC Afrique







